Mise en oeuvre d’une politique sur l'anaphylaxie à l’école
Il faut à chaque école canadienne une politique de gestion de l’anaphylaxie! Tous les enfants à risque (leur nombre ne cesse d’augmenter) doivent pouvoir apprendre dans un milieu sécuritaire où ils trouveront protection et soutien. La formation des intervenants peut vraiment changer le cours des choses, améliorer la qualité de vie des enfants allergiques et réduire le nombre des décès évitables. Le personnel scolaire peut aider à réduire l'exposition aux allergènes, à reconnaître les signes d’une réaction allergique et à administrer rapidement le traitement approprié.
Dans un monde idéal, nous aurions des politiques scolaires uniformes à l'échelle des provinces et des territoires, partout au Canada. Chaque école disposerait de mesures fondant sur une base solide la responsabilité du fonctionnement des éléments de la politique. Si cela n’est pas déjà fait, chaque école peut et doit prendre immédiatement les dispositions nécessaires pour se doter d’une telle politique, qu'elle y soit ou non légalement obligée par sa province ou son territoire.
Les politiques relatives à l'anaphylaxie à l'école sont le produit d’un équilibre délicat entre les droits, les mesures et les responsabilités de chaque partie prenante de la gestion des risques, y compris les parents, les élèves, la direction, les enseignants et le personnel de soutien. Une politique doit être assez souple pour gérer un grand nombre d’allergies et d’affections et assez étendue pour s’appliquer à des écoles dont les dimensions, les aménagements et les niveaux diffèrent. Les personnes qui entrent en contact avec un enfant à risque ont un rôle à jouer et doivent connaître la politique de l'école. Cela inclut les surveillants à l'heure du dîner, les chauffeurs d'autobus et les parents bénévoles.
Toute politique sur l’anaphylaxie à l’école doit, à tout le moins, couvrir les principaux éléments suivants :
- Les responsabilités des parents, de la direction, des élèves et des enseignants
- Les procédures d’identification des enfants à risque et d’obtention de formulaires médicaux à jour à l’appui
- La formation annuelle (ou semestrielle de préférence) obligatoire du personnel portant sur les allergies graves, l’utilisation des auto-injecteurs et l'intervention en cas d'urgence
- Une disposition autorisant le personnel scolaire, en cas d’urgence, à administrer de l’épinéphrine à un enfant gravement allergique sans le consentement de ses parents
- Un protocole d’urgence
Vous trouverez à la fin de cet article, une liste de ressources incluant les politiques en vigueur dans certaines provinces. En plus, chaque école devra prévoir ses propres dispositions en matière de :
- Rangement et transport des auto-injecteurs
- Stratégies de prévention de l’exposition aux allergènes dans le coin-repas et les parties communes (p. ex., bibliothèque, gymnase, salle des ordinateurs, terrain de jeux et matériel d’escalade)
- Stratégies de communication pour la diffusion d’information sur les allergies graves aux parents, aux élèves et au personnel scolaire
- Procédures visant les excursions et les événements spéciaux
Par où commencer
Si votre école est située dans une province ou un district scolaire disposant déjà d’une politique autorisée, commencez par la mettre en oeuvre dans votre établissement. Il se peut que vous ayez à la remanier. Une fois les éléments de la politique officielle en place, votre école pourrait y détecter des lacunes, une situation ou des besoins particuliers la concernant. Ne perdez jamais de vue qu’il faut en assurer la responsabilité continue; une politique qui ne fait pas long feu ne sert à rien. Afin d’être efficace à long terme, elle doit s’intégrer à la culture de l’école. Tout le monde doit la connaître et en être solidaire.
Par contre, s’il n’existe aucune prescription de votre province ou de votre conseil scolaire en la matière, voici comment procéder.
- Nommez d’abord un cadre supérieur ou un professionnel qui sera responsable de votre nouvelle politique. Par le passé, plusieurs écoles s’en sont remis à des parents bénévoles qui se portaient à la défense de leurs enfants allergiques. Il est très important d’avoir une politique officielle par écrit et d’en assurer la responsabilité continue. Idéalement, cette responsabilité sera accompagnée d’une description de tâches pour être prise au sérieux et durer même si votre personnel change.
- Assurez-vous que l'infirmière scolaire participe au processus, s’il y en a une de désignée pour votre école, à temps plein ou à temps partiel. Dans certaines provinces ou certains districts scolaires, les infirmières assument déjà une partie des responsabilités vis-à-vis les allergies. En tant que professionnelles de la santé, elles occupent un poste leur permettant d’identifier les enfants à risque, de faire mettre à jour leurs formulaires médicaux, de former votre personnel et de communiquer avec les parents au sujet de la santé de leurs enfants. Elles jouissent d'une crédibilité professionnelle et peuvent prendre en charge la responsabilité et le suivi de votre politique de gestion de l’anaphylaxie.
- Songez à créer un comité sur les allergies. Il pourra vous aider à élaborer une politique scolaire et des procédures spécifiques à vos besoins, y compris par exemple, l’endroit où les élèves allergiques pourront manger, le nettoyage des coins-repas, les excursions et les événements spéciaux ainsi que la communication avec l’ensemble des parents au sujet des restrictions alimentaires. Ce comité sera constitué de membres du personnel scolaire et de parents bénévoles.
- Mettez l’accent sur l’éducation, la sensibilisation et les mesures d’hygiène portant sur la manipulation des aliments. Il ne suffit pas d'interdire un aliment particulier; cela ne doit jamais constituer la seule mesure de gestion. Il faut viser à mieux faire connaître les allergies dans le milieu scolaire et créer ainsi un environnement sécuritaire pour tout élève à risque chez qui un aliment, une piqûre d’insecte et même un médicament (plus rare en milieu scolaire) peut déclencher une réaction anaphylactique. Les allergènes alimentaires sont, le plus souvent : l’arachide, les noix, les oeufs, le lait, le blé, le soya, les graines de sésame, le poisson, les crustacés et les mollusques. Il existe aussi d’autres allergies alimentaires moins courantes. L’AIAA a mis au point une excellente trousse pédagogique sur l'anaphylaxie qu’une infirmière scolaire ou un profane pourront utiliser pour assurer la formation de votre personnel.
- Veillez à ce que tous les membres du personnel à l'école aient l'occasion de pratiquer l'utilisation d'un auto-injecteur au moins une fois l’an, voire deux de préférence. Il existe deux auto-injecteurs de marques EpiPen® et Twinject®; vous trouverez les adresses de leurs sites Internet dans la liste de ressources utiles ci-dessous.
Mary Allen, août 2008
