Association d'information sur l'allergie et l'asthme

« Je suis spéciale, voilà tout! »

Darlene Konecny, bénévole AIAA, Toronto (Ontario)

Avant, tout le monde me disait que les allergies c’était pour les enfants. Ils étaient bien loin du compte!

J’avais 21 ans quand j’ai passé mes premiers tests d’allergie et, depuis, j’ai eu bien d’autres surprises.  Au début, apprendre que j’étais allergique n’allait pas si mal. J’étais sensible à des allergènes environnementaux typiques : la poussière, les moisissures, l’herbe à poux, les chats, les chiens, etc.  Rien que je n’aie pas pu contrôler sans problème dans les 14 années qui suivirent.

À 35 ans, j’ai mentionné à mon allergologue lors d’une visite que la moitié du visage m’enflait quand je mangeais certains aliments. Il m’a alors demandé quels étaient mes aliments préférés. J’ai répondu les beignes et les frites en ajoutant que c’était alors que j’avais une réaction au visage.  Cette visite-là a changé beaucoup de choses dans ma vie.  J’ai quitté le cabinet de mon allergologue avec un auto-injecteur d’épinéphrine après avoir appris que je souffrais d’anaphylaxie à la « graine de coton ». C’était toute une révélation d’autant plus que je ne connaissais personne qui se promenait avec de l’épinéphrine et que je n’imaginais pas ce que cela allait signifier pour moi.

Dieu merci, j’avais des personnes très dévouées dans mon entourage pour m’encourager à faire face à ma nouvelle situation.  Elles m’ont aidée à me renseigner davantage sur l’anaphylaxie et sur les moyens d’éliminer la « graine de coton » de mon alimentation. C’est le genre d’élément qui était difficile à trouver sur une liste d’ingrédients.  Aujourd’hui, j’en vois de plus en plus ce qui veut dire qu’il y a encore plus de produits alimentaires dont je dois m’abstenir.  On trouve de la graine de coton dans les huiles végétales pures à 100 %, dans les mélanges d’épices pour bifteck et autres aliments.  Au début, cela a été difficile de vivre avec cette allergie. Je croyais être la seule à en souffrir. Depuis, j’ai appris que mon cas n’est pas unique. C’est de plus en plus courant.

Je fréquente toujours les restaurants pour y prendre un repas.  Je dois admettre cependant que c’est dur parfois d’expliquer cette allergie particulière aux serveurs et restaurateurs.  Ils s’imaginent que les allergies alimentaires les plus courantes sont les seules qui existent. C’est étonnant de voir le nombre de personnes qui prennent pour acquis qu’il s’agit d’arachides dès que je leur dis que je suis allergique à un aliment.  Alors, dès que j’arrive à trouver un restaurant qui sait quoi faire pour mon allergie, j’y vais de plus en plus souvent et je finis par connaître assez bien le personnel.

Je constitue un exemple de l’apparition de l’anaphylaxie à l’âge adulte et j’en suis encore à m’habituer à ce changement dans mon alimentation.  Mon travail m’amène à voyager.  Je dois donc abandonner ma zone de confort. Je sais, cependant, que je n’ai qu’à me renseigner sur les ingrédients. Si je n’obtiens pas une réponse satisfaisante, j’évite tout simplement un aliment.  Pour les voyages de courtes distances, j’emporte toujours avec moi une collation sans danger.

Depuis mes premières réactions anaphylactiques il y a six ans, j’ai vu apparaître d’autres allergies graves à la codéine, à l’ananas et aux fraises.  Il me faut de nouveau chercher à découvrir dans quels autres aliments on peut  trouver cachés de l’ananas et des fraises.

Mon mari est toujours là pour m’appuyer même quand j’en ai assez de dire que je suis sensible à l’anaphylaxie.  Avec quelqu’un de merveilleux pour me soutenir, c’est vraiment plus facile pour moi de faire face à mes allergies alimentaires. Il est toujours là pour m’aider à m’en occuper et à intervenir si, occasionnellement, une réaction se produit.  Il est toujours prêt à  montrer aux autres comment se servir d’un auto-injecteur et à leur parler des mesures à prendre pour aider à prévenir les allergies alimentaires.  Avoir quelqu’un de bien sur qui on peut vraiment compter fait toute la différence.  Cela rend la vie avec des allergies un peu plus facile.  Je ne sais pas combien de restaurants mon mari a visités pour vérifier quelle huile y était utilisée pour la friture mais je suis vite mise au courant quand il en trouve un « Ami de Darlene », comme il dit.

J’assiste au congrès annuel sur l’allergie de l’AIAA Ontario depuis quatre ans.  C’est extraordinaire de sentir, l’espace d’une journée, que j’appartiens à la majorité plutôt qu’à une minorité.  C’est si bon de rencontrer toutes sortes de personnes qui font face à l’anaphylaxie et de partager leurs expériences et les miennes.  Je sais alors que je ne suis pas seule, que nous sommes nombreux ici et ailleurs.

Je parle beaucoup de mon anaphylaxie.  Je sais que, bien qu’elle soit apparue chez moi adulte, j’éprouve les mêmes sentiments qu’un enfant qui doit aussi vivre avec. Dans mon cas, par contre, je les éprouve tous en même temps plutôt que par étapes. Non. Je ne suis pas allergique à l’arachide. Par contre, je suis spéciale!  Je suis atteinte d’allergies alimentaires plus rares.  En y mettant un peu d’efforts, certains verront bien que nous sommes nombreux dans cette situation.

La vie continue.  C’est un défi que je dois relever tous les jours.  Je parle plus facilement de mes allergies maintenant.  Je fais du bénévolat pour l’AIAA.  Je suis heureuse d’avoir pu compter sur elle pour m’aider avec mes allergies, l’asthme et l’anaphylaxie.  Aujourd’hui, je sais que je ne suis pas seule.  Quand je parle aux gens de mes allergies, je leur dis : « Je ne suis pas bizarre, vous savez.  Je suis spéciale, voilà tout! »

Info asthme allergies, numéro 2 2006

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