Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Une guide sur l'asthme accessible à tous

L' asthme : Nouvelles époustouflantes

par Andrea Kenney, Directrice des communications et du marketing
Association d’information sur l’allergie et l’asthme (AAIA)

Avec la participation des représentants des groupes suivants :

Pendant que cet article s’en va sous presse (le novembre 1999), les recommandations pour le traitement de l’asthme font l’objet d’une vérification de la part de la communauté médicale. Et, dès le début de l’an 2000, elles seront distribuées à tous les médecins du pays, via les journaux médicaux. Cette information sera également accessible à tous les patients sur le site Internet du Journal de l’Association médicale canadienne à Le lien suivant s'ouvrira dans une nouvelle fenÍtrewww.cmaj.ca/jamc.


Selon de récentes études menées par Santé Canada, il existe au Canada des écarts importants entre le traitement idéal pour l’asthme et son application dans les pratiques actuelles.

Voilà pourquoi, l’Association d’information sur l’allergie et l’asthme (AAIA), en collaboration avec différentes divisions administratives du gouvernement, des associations de médecins ainsi que des partenaires corporatifs, vous offre directement à vous patient ou parent de patient, l’information suivante sur l’asthme et son traitement.

À votre santé!

STATISTIQUES

VOTRE ASTHME EST-IL BIEN MAÎTRISÉ?

Si vous avez besoin d’utiliser un médicament de soulagement à action brève ne serait-ce que quatre fois par semaine (sans compter son utilisation pour prévenir les crises d’asthme induites par l’exercice), votre asthme n’est probablement pas bien maîtrisé.

Ceci peut vous étonner ou vous bouleverser, mais, c’est la vérité. Presque 85 % des gens souffrant d’asthme peuvent vivre soit presque sans symptômes, soit avec un asthme bien contrôlé, et ce, sans ou avec très peu de médicament de soulagement à action brève! La plupart des autres 15 % de patients peuvent grandement bénéficier de l’information disponible dans le présent guide.

SYMPTÔMES BIEN MAÎTRISÉS

Votre asthme (ou celui de votre enfant) est BIEN MAÎTRISÉS si:

Si vous vous retrouvez dans ce tableau, votre asthme est bien maîtrisé. Mais, quel que soit l’état de votre asthme, vous devez toujours en surveiller les symptômes pour en éviter l’aggravation.

VIVRE AVEC L'ASTHME: DES PATIENTS PARTAGENT

L’Association d’information sur l’allergie et l’asthme (AAIA), un organisme national ayant pour but d’aider les gens qui souffrent d’asthme, d’allergies et d’anaphylaxie, publie de l’information récente dont le contenu médical est vérifié par la Société canadienne d’allergie et d’immunologie clinique. De plus, cette Association met sur pied des groupes de support, procure de l’assistance téléphonique, fournit des références et défend les besoins des personnes asthmatiques et allergiques tant au niveau national qu’aux niveaux régionaux. Ses services sont rendus possibles grâce aux cotisations des membres et aux dons qu’elle reçoit.

Téléphonez-nous au 1-800-611-7011

COMMENT LES MÉDECINS DIAGNOSTIQUENT-ILS L’ASTHME?

Avant de poser un diagnostic d’asthme, les médecins devraient respecter les étapes suivantes :

Indices que l’asthme a atteint un point dangereux

Environ 10-15 % des asthmatiques sont affectés plus gravement par cette maladie que les autres et le risque que leur asthme ne devienne « hors de contrôle » est plus élevé.

SI JAMAIS VOUS...

  • obtenez qu’un soulagement temporaire (1 à 4 heures) ou nul après avoir utilisé votre médicament de soulagement à action brève, ou
  • avez de la difficulté à parler normalement à cause de votre asthme...

CECI EST UNE URGENCE :
VOYEZ VOTRE MÉDECIN OU RENDEZ-VOUS IMMÉDIATEMENT À L’HÔPITAL!

COMMENT LES MÉDECINS SOIGNENT-ILS L’ASTHME?

Le traitement de l’asthme devrait respecter la démarche suivante :

Et au(x) rendez-vous suivant(s) :

Ce processus de rendez-vous et de suivis continue jusqu’à ce que les patients et ceux qui prennent soin d’eux :

Comment l’asthme gêne la respiration

L’inflammation des parois des voies respiratoires fait réagir les muscles dans ces parois, entraînant une sensation de resserrement dans la poitrine, de l’essoufflement, une production accrue de mucus ainsi que de la toux.

QUE SE PASSE-T-IL DANS MON CORPS?

L'INFLAMMATION

Chez une personne asthmatique, les réactions du système immunitaire se font de façon exagérée au niveau des parois des voies respiratoires. Si vous vous ébouillantiez accidentellement les mains ou si le soleil pouvait brûler vos bronches, elles deviendraient échauffées et enfleraient. Ainsi en est-il pour les personnes asthmatiques : les parois de leurs voies respiratoires apparaissent rouges et enflées – victimes d’inflammation.

Les déclencheurs transportés par voie aérienne les plus communs pouvant provoquer de l’inflammation et aggraver les symptômes de l’asthme sont les suivants :

Et plusieurs autres encore...

Agents irritants

  • les changements de température (les fronts d’air chaud ou froid, les saisons qui apportent de l’air plus froid ou plus chaud);
  • les parfums et les eaux de Cologne; et
  • les émanations chimiques toxiques, telles que celles provenant de l’essence, des crayons-feutres ou des produits de nettoyage.

L’ÉVITEMENT DES DÉCLENCHEURS : UN REGARD SUR LA PRÉVENTION

LES ALLERGÈNES

Un seul contact avec un allergène peut induire toute une série de réactions de la part du système immunitaire pouvant durer des jours, voire des semaines, prolongeant donc l’inflammation des voies respiratoires longtemps après le nez à nez initial avec l’allergène. C’est de cette façon qu’une exposition continuelle aux allergènes peut engendrer de l’inflammation continuelle ainsi que des symptômes d’asthme.

Il n’existe présentement aucun moyen garanti permettant d’apaiser les excès du système immunitaire si ce n’est d’empêcher ou de réduire l’exposition aux allergènes. Parmi les méthodes scientifiquement éprouvées pour éliminer ou réduire certains déclencheurs et donc d’améliorer votre condition asthmatique, citons :

La fumée secondaire contribue à l’asthme

  • Transformez votre domicile et votre auto en zones sans fumée.
  • Ne fumez pas ou trouvez- vous un programme/ médicament pour vous aider à arrêter de fumer.
  • Évitez les endroits enfumés.
  • Ne laissez personne fumer autour de vous ou de vos enfants.
  • Travaillez ou allez à l’école dans un environnement sans fumée.

LES AGENTS IRRITANTS

Les effets des irritants (aussi appelés déclencheurs non-allergènes) sur le système immunitaire sont moins prolongés que ceux des allergènes. Voilà pourquoi le fait de supprimer de l’environnement les agents irritants peut soulager assez rapidement les symptômes de l’asthme. Par contre, leur présence régulière peut causer des difficultés respiratoires revenant fréquemment ou devenant chroniques. Il est plus facile, cependant, d’éviter ou de supprimer les irritants que de fuir les allergènes. Donc, dans la mesure du possible, il faudrait tenter d’éviter ou de supprimer ces éléments dérangeants.

LA FUMÉE DE CIGARETTE

Les jeunes enfants ont des voies respiratoires plus petites, plus délicates que celles des adultes. Et, lorsqu’ils sont exposés à la fumée secondaire, les voies respiratoires de plusieurs d’entre eux deviennent sensibles, ce qui les rend plus susceptibles d’avoir d’autres problèmes, y compris celui de souffrir d’asthme. La recherche a démontré que les enfants vivant avec des fumeurs ont des taux plus élevés d’asthme.

LES MÉDICAMENTS : UN REGARD SUR LE CONTRÔLE

La façon idéale de contrôler l’asthme est d’éviter les déclencheurs. En effet, apprendre à les éviter permet de minimiser, à la longue, les symptômes et la quantité de médicaments nécessaire. Par contre, les médicaments ne devraient jamais être utilisés pour masquer les symptômes, comme par exemple pour garder son chat.

Malheureusement, l’évitement total des déclencheurs n’est pas toujours possible. Puisqu’il vous faut respirer, vous allez probablement vous retrouver avec au moins un peu d’inflammation. À de rares exceptions, cela veut dire que, pour la plupart des asthmatiques, les médicaments devront faire partie intégrante des stratégies pour maîtriser l’asthme, même dans les cas légers.

LES MÉDICAMENTS DE CONTRÔLE

Les médicaments les plus utiles pour maîtriser l’asthme sont les anti-inflammatoires de contrôle. Si vous prenez ces médicaments quotidiennement, tels que prescrits, vous pouvez maintenir votre asthme sous contrôle. En fait, vous pourriez vous sentir presque libéré de votre asthme.

Voici quelques médicaments anti-inflammatoires de contrôle que votre médecin pourrait vous prescrire :

Votre pharmacien peut vous être d’un grand secours afin de vous aider à comprendre le rôle joué par chaque type de médicaments pour l’asthme ainsi que pour vous en enseigner l’utilisation.

Le rôle de votre pharmacien en plein essor

Les pharmaciens ont suivi un entraînment pour vous aider à mieux comprendre :

  • l'asthme et vos déclencheurs d'asthme;
  • le rôle de vos médicaments et comment les utiliser correctement;
  • le besoin d'utiliser d'autres appareils, tels que les chambres de retenue.

En plus, les pharmaciens offrent :

  • un plan de traitement spécialisé sur l'asthme;
  • des feuillets d'instructions sur les appareils pour traiter l'asthme; et
  • des feuillets d'information et d'instrucitons concernant les débitmètres de pointe.

LES MÉDICAMENT DE SOULAGEMENT

Votre médicament de soulagement à action brève est conçu, quant à lui, pour soulager vos problèmes respiratoires en 1 à 3 minutes, et ce, pendant 4 à 6 heures. Votre but est d’en arriver à ne plus en avoir besoin, du moins pas plus que 3 fois par semaine. À mesure que vous accroîtrez vos doses d’anti-inflammatoires, votre besoin d’utiliser un médicament de soulagement diminuera.

LES STÉROÏDES INHALÉS

Les stéroïdes inhalés représentent la thérapeutique de choix à appliquer au départ. La dose initiale généralement utilisée pour les adultes est de 400 mcg par jour de Beclovent/ Becloforte (beclométhasone), de Pulmicort (budésonide) ou de Flovent (fluticasone). Demandez à votre médecin. Une à deux bouffées le matin et le soir sont normalement requises. Des doses plus élevées peuvent être nécessaires si les symptômes sont plus prononcés.

Pour les enfants, la dose initiale quotidienne utilisée est habituellement de 200 à 1 000 mcg de Beclovent/Becloforte (beclométhasone), de Pulmicort (budésonide) ou de Flovent (fluticasone). Informez-vous auprès de votre médecin. Une à deux bouffées le matin et le soir sont normalement requises. Des doses plus élevées s’avèrent rarement nécessaires.

L'UTILISATION SÉCURITAIRE DES STÉROÏDES INHALÉS

Les enfants qui prennent régulièrement des doses élevées de Beclovent/Becloforte (beclométhasone), de Pulmicort (budésonide) ou de Flovent (fluticasone) pour maîtriser leur asthme :

Les adultes qui prennent régulièrement des doses élevées de Beclovent/Becloforte (beclométhasone), de Pulmicort (budésonide) ou de Flovent (fluticasone) pour maîtriser leur asthme :

Médicaments supplémentaires

Lorsque des doses moyennes de stéroïdes inhalés n’arrivent pas à bien maîtriser l’asthme, des médicaments supplémentaires peuvent être ajoutés. Citons parmi eux les antileucotriènes, Accolate et Singulair (en comprimés), et les bronchodilatateurs à action prolongée tels que Serevent (salmétérol), Advair (salmétérol/fluticasone en combinaison) ou Oxeze ou Foradil (formotérol). Peuvent être ajoutés également, quoique moins fréquemment employés, la théophylline (en comprimés), l’ipratropium ou le nédocromil (tous deux inhalés).

LES ANTILEUCOTRIÈNES

La nouvelle classe de médicaments anti-inflammatoires de contrôle comprend les antagonistes des récepteurs des leucotriènes (ou les antileucotriènes). Ce ne sont pas des stéroïdes et ils ne sont pas pris en inhalation mais pris plutôt sous forme de comprimés. Ces médicaments peuvent être ajoutés aux stéroïdes inhalés afin de conserver les doses de stéroïdes au plus bas niveau possible. De plus, les antileucotriènes peuvent être utilisés de façon isolée par les patients qui choisissent de ne pas prendre de stéroïdes à faible dose. En fait, après les stéroïdes inhalés, les antileucotriènes représentent le meilleur choix parmi tout autre médicaments de contrôle.

Deux antileucotriènes sont présentement disponibles au Canada. Le premier, Accolate (zafirlukast), a été approuvé pour les patients âgés de 12 ans et plus. Présenté sous forme de comprimés, Accolate doit être pris deux fois par jour pour contrôler les symptômes jour et nuit. Quant au deuxième, Singulair (montélukast), il a été approuvé pour les adultes et les enfants âgés de 6 ans et plus. Singulair ne nécessite d’être pris qu’une seule fois par jour, au coucher.

Les plans d’action

Les asthmatiques doivent apprendre à suivre l’évolution de leurs symptômes à l’aide d’un débitmètre de pointe de sorte qu’elles peuvent augmenter les doses de leur médicaments au premier signe d’une aggravation, avant que leur asthme ne devienne hors contrôle.

Un débitmètre de pointe est un petit appareil dans lequel on souffle. Lorsque les symptômes de l’asthme s’aggravent, les lectures descendent. Le « plan d’action » élaboré par votre médicin vous indiquera à quelle valeur sur le débitmètre vous devriez commencer à augmenter votre dose de médicament de contrôle.

LES MÉDICAMENTS INHALÉS

La méthode recommandée pour administrer des médicaments de soulagement ainsi que des anti-inflammatoires stéroïdiens s’avère l’inhalation buccale. Les médicaments sont amenés directement aux poumons par des inhalateurs de différents types, dont les aérosol-doseurs et les dispositifs avec poudre à inhaler.

Il est recommandé, pour les enfants de moins de 5 ans, d’utiliser un aérosol-doseur avec un tube spécial et un masque, soit un chambre de retenue. Et l’aérosol-doseur, avec ou sans chambre de retenue, demeure populaire auprès des enfants de 6 ans et plus ainsi qu’auprès des adultes.

Cependant, l’aérosol-doseur subit actuellement une évolution. En effet, il contient des chlorofluorocarbones (ou CFC) aidant à propulser directement le médicament dans les poumons. Bien que les CFC soient inoffensifs pour la santé, ils attaquent cependant la couche protectrice d’ozone qui filtre les rayons nocifs du soleil.

Déjà, un médicament de soulagement, délivré en aérosol-doseur sans CFC, s’avère disponible sur le marché canadien, soit l’Airomir (salbutamol). Au Canada, tous les aérosol-doseurs devront être exempts de CFC d’ici l’an 2005, et de plus, il est prévu que le pourcentage de disparition des aérosol-doseurs actuels sera de 60 % d’ici l’an 2001. Voilà pourquoi, les aérosol-doseurs sans CFC sont prescrits de plus en plus fréquemment par rapport à ce que vous utilisez peut-être actuellement. Demandez à votre médecin de vous prescrire une version sans CFC de votre médicament de soulagement au salbutamol.

Bien des gens préfèrent les dispositifs avec poudre à inhaler qui, eux, possèdent déjà l’avantage de ne pas contenir de CFC. Cependant, ce type d’appareil exige la libération de la bouffée en coordination avec l’inspiration afin que le médicament atteigne les poumons. C’est pourquoi, les dispositifs avec poudre à inhaler peuvent se révéler non appropriés pour les enfants de moins de 5 ans puisque ceux-ci peuvent s’avérer incapables d’inspirer assez fortement pour permettre à la substance médicamenteuse de se déposer dans leurs poumons.

ADJUSTER LA DOSE DE SON MÉDICAMENT

Une fois la maîtrise de l’asthme atteinte (i.e., besoin d’un médicament de soulagement 3 fois ou moins par semaine), la dose du stéroïde inhalé devrait être réduite au plus bas niveau requis pour maintenir cette maîtrise.

La fumée secondaire contribue à l’asthme

  • Transformez votre domicile et votre auto en zones sans fumée.
  • Ne fumez pas ou trouvez- vous un programme/ médicament pour vous aider à arrêter de fumer.
  • Évitez les endroits enfumés.
  • Ne laissez personne fumer autour de vous ou de vos enfants.
  • Travaillez ou allez à l’école dans un environnement sans fumée.

RESSOURCES SUPPLÉMENTAIRES

Information concernant les organismes d’information pour patients :

Information au sujet des programmes d’enseignement sur l’asthme :

Sites Internet des commanditaires et des partenaires participants :

Information sur les aérosols-doseurs et la couche d’ozone :

Pour commander des produits sur l’allergie et l’asthme :

Conseils concernant l'environnement intérieur de vos maisons :

Autres sites utiles :

Un mot final

Cet article a été écrit dans le but de vous aider autant à élaborer vos questions pour votre médecin, votre pharmacien et votre éducateur sur l’asthme, qu’à préparer vos discussions avec votre famille, vos amis, vos collègues de travail ainsi que les enseignants qui ont besoin de comprendre ce qu’est l’asthme. Cet article a également comme visée d’aider le patient et celui qui lui procure des soins à mieux contrôler l’asthme avec lequel ceux-ci doivent vivre chaque jour.

Sachez que c’est vous qui contrôlez votre chemin qui conduit à une meilleure santé!

Remerciements aux partenaires

L’AAIA remercie les partenaires suivants d’avoir apporté leur support financier à la réalisation de ce projet : AstraZeneca, GlaxoWellcome, Madame au foyer, Merck Frosst, Pharmaprix, Santé Canada, et 3M.

Un remerciement spécial à Madame au foyer d’avoir accueilli à bras ouverts le principe de donner du pouvoir au patient grâce à de l’information vitale visant le bien-être des Canadiens souffrant d’asthme.

Homemaker's Magazine Healthwatch
AstraZeneca GlaxoWellcome
Health Canada Merck Frosst
3M Pharmaceuticals  

Novembre 1999

return Retour à la section de l'information sur l'asthme

| Politique de confidentialité | Contactez-nous | © AIAA, 2017
Site Web maintenu par Konecny Consulting Inc.