Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Vivre avec des allergies et l'asthme

Nick Pothier, 12 ans, Picton (Ontario)

Je m’appelle Nick Pothier.  J’ai 12 ans et je souffre d’anaphylaxie aux noix et à l’arachide. J’ai eu ma première réaction anaphylactique à l’âge de 2 ans et demi en mangeant quelques noix de cajou de mon père. Ma mère dit qu’en arrivant à l’hôpital je respirais à peine et que j’étais couvert d’urticaire.

Par la suite, jusqu’à ce que je rentre à l’école, les choses ont bien été. À la maison, seuls les aliments sans danger pour moi étaient admis. Quand j’ai commencé l’école, mes parents étaient nerveux. Nous nous sommes rendus à l’école une semaine environ avant la rentrée des classes pour parler de mes allergies avec mon enseignante. Elle a semblé avoir compris et a envoyé les autres élèves à la maison avec une note pour leurs parents dès la fin de la première journée de classe. Nous avons fait cela chaque année et je n’ai pas vraiment eu de problèmes. Il est arrivé qu’un élève apporte un sandwich au beurre d’arachide mais, alors, on l’envoyait au secrétariat de l’école pour le manger. En avançant dans mes études, cependant, la longueur des notes envoyées aux parents d’élèves la première journée de la rentrée a peu à peu diminué.

En 6e année, on s’est contenté de demander aux autres élèves de se « rappeler » que j’étais allergique quand ils apportaient leur lunch à l’école.  Cette année-là, il m’a semblé qu’il ne se passait pas une journée sans que quelqu’un apporte un sandwich au beurre d’arachide ou une collation à base de noix à l’école. Un jour, ma classe a reçu en cadeau des biscuits aux noix de Grenoble et j’ai dû attendre dans le corridor qu’ils en aient profité. Puis, cela a continué ; les enfants qui apportaient des noix à l’école devaient manger dans le corridor mais ils en apportaient quand même. Je ne comprenais plus rien. Je me demandais pourquoi les autres enfants apportaient des aliments avec des arachides et des noix à l’école alors qu’ils savaient bien que j’étais allergique.

En fin d’année, j’ai décidé d’entreprendre une étude sur le nombre de fois qu’on avait introduit des arachides et des noix à l’école et sur les connaissances de ma classe en matière d’anaphylaxie. J’avais pour hypothèse que c’est parce qu’ils ne savent pas vraiment ce qu’est l’anaphylaxie que les enfants ne comprennent pas pourquoi ils devraient changer le contenu de leurs lunchs ou de leurs collations à cause de mes allergies. J’ai conçu mon étude en fonction de plusieurs variables en me demandant où les élèves trouvaient de l’information, qui la leur transmettait (enseignant,  direction d’école, parents ou amis), comment ils se procuraient la nourriture pour leur lunch, s’ils les faisaient eux-mêmes ou si leurs parents les préparaient pour eux.  Je tenais à savoir  qui avait besoin de formation ! 

J’ai administré mon questionnaire la dernière journée de l’année scolaire. J’ai découvert que 67 % des élèves de ma classe avaient apporté un sandwich au beurre d’arachide à l’école au moins une fois dans l’année ! De plus, 52 % étaient venus à l’école avec des aliments contenant des noix, dont 10 %  une fois ou plus par semaine ! Dans l’ensemble, 76 % ignoraient ce qu’est l’anaphylaxie ! J’ai aussi constaté que j’avais du travail à faire avec les enseignants et la direction de l’école. Mon étude a révélé qu’il fallait apprendre deux choses aux élèves de ma classe : comment se préparer un lunch bon pour la santé sans arachides ni noix (67 % préparent leur lunch) et à quel point l’anaphylaxie peut être grave. J’ai également identifié un besoin du côté de la direction et des enseignants de l’école. Les élèves avaient répondu que ce qu’ils savaient sur les allergies venait de leurs parents, de leur médecin et de leurs amis.

Dans l’été précédant ma 7e année, j’ai mis au point deux trousses d’enseignement. J’avais besoin d’information et ai demandé de l’aide par courriel à Monika Gibson de l’AIAA. Elle m’a été très utile et a encouragé mon projet en me fournissant des dépliants et un nouveau CD-ROM de présentation. J’ai conçu une première trousse sur les aliments à l’arachide ou aux noix, puis une deuxième trousse sur l’anaphylaxie.

Une semaine avant la rentrée, j’ai rencontré la direction de l’école et mon enseignante avec ma mère pour parler de mon problème et de mes plans d’enseignement. Ils ont accepté que j’utilise ma première trousse pour faire de la formation la journée de la rentrée et la deuxième trousse à l’occasion d’un cours sur la santé dans le mois de septembre. J’ai aussi alors remis à la direction du matériel envoyé par Monika Gibson au nom de l’AIAA pour former les enseignants sur l’anaphylaxie. J’ai même prêté mon EpiPen® de démonstration à l’école pour que les enseignants puissent se pratiquer.

Pour ma trousse d’enseignement sur l’arachide et les noix, j’ai conçu : un jeu pour apprendre aux élèves quels sont les aliments sans danger et ceux qui ne le sont pas, un dépliant avec des idées d’aliments bons pour la santé, sans arachides ni noix, pour le lunch ou la collation, une « pyramide des aliments sans arachide ni noix » et un avertissement « sans arachides ni noix  » affiché sur la porte de ma classe. J’ai enfin rédigé un contrat, avec l’aide et l’approbation de la direction de l’école, à faire signer par mon enseignante, chacun des élèves ainsi que leurs parents les engageant à ne pas apporter de nourriture avec des arachides ou des noix dans ma classe.

Ma trousse sur l’anaphylaxie contenait différents outils pour expliquer en quoi elle consiste. J’avais, entre autres : un jeu de vrai ou faux, une affiche sur les signes et symptômes de l’anaphylaxie, une brève présentation vidéo en anglais intitulée Taking Control ainsi que des dépliants à distribuer (ces deux derniers articles venaient de l’AIAA). J’ai aussi fait une démonstration sur comment administrer l’EpiPen®. Ma mère est venue témoigner devant la classe et nous avons ensuite eu une période de questions et de discussion en présence de la direction de l’école, de mon enseignante et de son adjointe. 

 Mes deux présentations ont bien été. Apparemment, les élèves de ma classe n’avaient pas réalisé combien l’anaphylaxie peut être grave. J’ai prévu de faire passer un nouveau test à ma classe en décembre avec le même questionnaire que l’an dernier.  Je veux aussi l’administrer dans une autre classe pour voir si la direction et les autres enseignants ont bien transmis l’information. Cette étude sera mon projet pour notre expo-science 2006. Si ma méthode d’enseignement réussit, peut-être pourra-t-on l’utiliser après la mise en vigueur de la Loi de Sabrina en 2006 et aider à sauver des vies.

Info asthme allergies, numéro 4 2005

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