Association d'information sur l'allergie et l'asthme

Erika partage ses expériences de vie

Erika Ladouceur

Erika a 19 ans et est membre de l’AIAA. C’est une jeune étudiante du Québec qui participe actuellement à un programme d’échanges aux États-Unis.

Les voyages d'Erika

Pour ma part, je réponds oui à toutes ces questions sauf à la dernière. J’ai beaucoup voyagé et j’espère continuer de voir du pays jusqu’à la fin de mes jours. Je crois par-dessus tout qu’il y a beaucoup à apprendre des expériences et des voyages dans la vie. On découvre de nouvelles cultures et des gens qui sont différents. On acquiert surtout de l’assurance, on apprend à se connaître et à être sensible à tout ce qui nous entoure. Je ne prétends pas que voyager soit OBLIGATOIRE. Je pense seulement qu’il existe des solutions qui le permettent dans la plupart des cas moyennant une recherche un peu plus poussée, de la prudence et de la planification. D’après ma philosophie, rien n’est impossible. C’est formidable toute l’assurance qu’on acquiert quand on arrive à s’alimenter de façon convenable en voyage sans se priver ni risquer d’en être malade.

Plusieurs s’étonnent quand je leur explique mes allergies mais, en réalité, d’autres en ont beaucoup plus que moi. Je suis peut-être allergique aux arachides, aux noix, au soya, aux fèves, pois et lentilles mais ma liste est courte quand même. Je me suis rendue compte que certains enfants ont une situation plus compliquée que la mienne. Je crois que, s’il existe un moyen d’abattre les murs qui s’érigent contre eux, alors il faut s’en servir. On ne devrait jamais empêcher une personne de faire ce qu’elle veut, peu importe l’obstacle.

J’ai fait dernièrement un voyage scolaire en Allemagne. Mes allergies alimentaires étaient ma principale préoccupation. Apprendre la langue venait en deuxième car je ne parle pas allemand. Alors, j’ai décidé de demander à une amie allemande, qui participe à un programme d’échanges d’étudiants, de me traduire quelques mots et certaines phrases. Je lui ai fait écrire sur un bout de papier : « Je souffre d’allergies pouvant être fatales (d’anaphylaxie), soit l’arachide, … »; « Si je consomme ces aliments, je peux en mourir »; « Cet aliment contient-il des arachides? ». Mon amie m’a aussi écrit d’autres phrases : « Quand je fais une réaction allergique, j’ai des symptômes comme des picotements dans la bouche, de l’essoufflement, … »; « Où se trouve l’hôpital le plus proche? »; « Emmenez-moi à l’hôpital d’urgence ». Cette démarche et son résultat sur papier m’ont fait sentir plus à l’aise. Cela a aussi rassuré mes parents; ils étaient moins inquiets de me voir quitter le pays. Sur place, près de l’auberge de jeunesse où nous habitions, j’ai trouvé un petit restaurant italien. J’ai fini par manger là la plupart du temps car j’avais l’impression que le cuisinier comprenait mon problème et faisait attention. C’est important de chercher et de trouver des aliments qui ne soient pas trop éloignés de ce qu’on mange à la maison. C’est pour cela que je m’en suis tenue à la cuisine italienne et aux légumes!

La plupart des gens ont tendance à se laisser aller en vacances et à manger plus que de coutume. Pour ma part, je ne peux pas dire que mon alimentation soit très bonne en voyage, à moins que j’apporte ma propre nourriture. Quand je suis en voyage, moi aussi j’ai tendance à moins me préoccuper de mon alimentation. Je veille surtout à ne pas être malade. Cela peut toujours arriver, même en faisant très attention, parce que parfois on ne pense pas au moindre détail et c’est justement ce détail qui provoquera une réaction. Durant tout mon séjour de deux semaines et demie en Allemagne, la seule réaction que j’ai eue c’était dans un café. J’ai demandé à une amie allemande de s’informer au sujet du chocolat chaud mais j’ai finalement choisi un café au lait. Tout semblait bien aller. J’avais déjà fréquenté l’endroit et avais pris la même chose alors j’étais en confiance. Je n’avais aucune idée que la personne avant moi avait commandé un café au lait de SOYA. BINGO! J’ai eu droit à la réaction imprévue. Moi qui croyais avoir pensé à tout. J’ai fini par apprendre qu’il vaut mieux se tenir loin du café au lait et des boissons mélangées.

C’est aussi en Allemagne que j’ai vécu mon expérience la plus marquante en voyage. Je devais aller à la toilette et elle était juste à côté d’un restaurant asiatique avec suffisamment d’allergènes se promenant dans l’air pour m’affecter. Je crois n’avoir jamais eu à planifier une « excursion à la toilette » comme j’ai dû le faire à cet endroit. En y repensant, je suis assez fière des précautions que j’avais prises. C’est drôle à dire mais c’est vrai : on peut bâtir sa confiance en soi avec une excursion à la toilette...

Alors, voyager vous convient-il à vous ou à votre famille? Je vous laisse en décider par vous-mêmes, avec vos parents ou vice versa. Êtes-vous prêt à prendre les moyens nécessaires pour faire de ce voyage une réalité? Il n’en tient qu’à vous!

Note de la rédaction : voir aussi les conseils de voyage du Dr Antony Ham Pong

Info asthme allergies, numéro 1 2008

return Retour à la section Voyager avec des allergies

| Politique de confidentialité | Contactez-nous | © AIAA, 2017
Site Web maintenu par Konecny Consulting Inc.