Association d'information sur l'allergie et l'asthme

De 0 à 5 km – tout un exploit!

Nick Pothier, Picton (Ontario)

Vous est-il déjà arrivé de parler à tort et à travers? Dans ce cas, ce qui suit va sûrement vous intéresser.

Tout a commencé l’hiver dernier dans la mini-fourgonnette de ma mère qui me ramenait à la maison après une séance de patinage intensif. Ma mère n’était pas contente de moi et je ne savais pas pourquoi. Je ne l’écoutais pas vraiment... jusqu’à ce qu’elle mentionne que pendant qu’elle était au vestiaire à lacer les patins de mon frère elle m’avait entendu me vanter auprès des autres enfants. J’ai pâli et me suis dit en moi-même : « Oh nooon! ». En arrivant à la maison, j’ai eu droit à toute une punition. À la prochaine saison de hockey, je devais me présenter aux essais dans la catégorie des bantams. Cela n’augurait rien de bon pour moi. Je suis plutôt petit pour mon âge. J’étais terrifié à l’idée des mises en échec!

Quelques mois plus tard, ma mère m’a traîné à notre festival riverain local pour que je garde ma petite sœur pendant qu’elle prenait part à la course de 8 km. Ma mère adore courir. Elle a participé à de nombreuses courses, y compris le Marathon de l’Île-du-Prince-Édouard des trois dernières années. Elle m’a forcé à m’inscrire à la course de 1 km pour les enfants parce que ma sœur voulait que quelqu’un la fasse avec elle. Je me suis exécuté bien sûr, facilement sans perdre le souffle. Pour mieux respirer, j’ai mélangé un peu de marche avec un peu de course. J’ai été lent mais me suis rendu jusqu’au bout. Pendant que je regardais ma mère terminer sa course, j’ai vu d’autres enfants qui couraient le 4 km. J’étais impressionné, surtout par ceux qui allaient jusqu’au bout. Il se forçaient et semblaient épuisés en franchissant le fil d’arrivée.

Voyez-vous, cela fait depuis mon enfance que l’asthme m’empêche de faire du sport. Même quand je patine au hockey, j’ai de la misère à respirer. C’est frustrant. À l’école, mes pires notes sont celles de gym parce que je n’arrive pas à suivre les autres élèves. C’est pour cela que depuis quelques années je maîtrise mon asthme avec un médicament de contrôle et j’ai rarement recours au Ventolin®. C’est ainsi sans doute que j’ai couru le 1 km sans m’essouffler.

J’aime jouer au hockey dans notre petite ligue locale. Mon frère, qui est aussi asthmatique, a réussi à faire l’équipe officielle l’an dernier. Il a eu la chance de faire toutes sortes de voyages intéressants et se tient avec les joueurs en vue. Au printemps, il a aussi participé à la Course-Marche de l’AIAA avec ma mère. Moi, j’étais content de ne pas courir. À la place, je me suis porté bénévole. J’ai bien aimé me retrouver avec d’autres jeunes ayant les mêmes problèmes de santé. J’ai passé une vraie bonne journée.

L’automne dernier, juste avant les fameux essais pour les bantams, ma mère a été gentille. Elle m’a donné le choix entre faire les essais pour l’équipe de hockey officielle ou participer à la course de 5 km de Sandbanks ici en Ontario. Cétait assez brutal comme choix; je ne voulais faire ni l’un ni l’autre. J’ai pris la course parce que j’avais trop peur d’être blessé aux essais de hockey. Je ne me doutais pas que l’entraînement à la course allait être si difficile. J’ai cru qu’il y avait de l’espoir de ce côté parce que j’avais réussi à courir le 1 km au festival.

Ma mère a accepté de m’entraîner mais elle pensait que je laisserais tomber. J’ai trouvé la première séance très dure à cause de mon asthme. J’ai cru que je n’y arriverais jamais. Ma mère n’a même pas couru avec moi parce que j’étais trop lent mais je n’ai pas lâché. J’ai décidé de courir en prenant mon temps pour empêcher mon asthme de se déclencher. J’ai commencé à courir lentement pendant cinq minutes, puis à marcher pendant une minute. J’ai fait cela trois fois et j’ai pensé mourir.

Après deux semaines, mon entraînement est devenu plus facile. J’allais plus loin et plus vite. Ma mère a commencé à se joindre à moi et à me traiter en égal comme coureur. On se parlait en courant et on a appris à mieux se connaître. La punition que j’avais attendue avec effroi tout l’été était devenue agréable et amusante en réalité. Avec un bon entraînement, je me suis surpris à pouvoir courir de longues distances.

La course Sandbanks est finalement arrivée. J’étais l’un des rares enfants à participer. J’ai fait le parcours en entier, sans m’essouffler, en 29:47 min et décroché la 11e place dans mon groupe d’âge! J’étais vraiment fier! Ma mère était extrêmement fière de moi parce que j’avais fini la course. Toute ma famille me soutenait comme elle l’avait fait pour mon frère aux essais pour l’équipe de hockey.

Je me suis senti si bien après cette course que, deux semaines plus tard, je me suis inscrit à celle de la Brighton Applefest, un autre 5 km. Cette fois, ma mère et moi avons couru côte à côte tout le long. Nous sommes tous les deux arrivés troisièmes dans nos catégories! Quand j’ai reçu mon prix et entendu les applaudissements, j’ai senti que j’appartenais au monde de la course. L’asthme ne pouvait plus servir de prétexte pour m’empêcher d’être actif.

M’entraîner m’a aidé à maîtriser mon asthme mais il ne l’a pas fait disparaître. Je me sens bien parce que je suis en forme et faire du sport me semble plus facile. J’ai même décroché un A en gym au dernier trimestre. C’est dur de s’entraîner mais cela vaut vraiment la peine.

Réaliser que je peux bien performer en athlétisme malgré mon asthme m’a ouvert de nouveaux horizons. J’ai aussi eu une super bonne année au hockey.

Ce printemps, j’ai l’intention de m’inscrire à la course amusante de 5 km de l’AIAA et en athlétisme à l’école. Je suis en 8e année (système ontarien) et cela va être la première fois que je m’inscris aux essais pour une équipe officielle à l’école.

Je suppose que j’ai été bien puni pour avoir menti aux autres enfants sur mes talents au hockey l’an dernier. Je leur avais déclaré que j’aurais facilement pu faire l’équipe même si je n’avais pas voulu participer aux essais. Je suppose que ma mère m’a entendu me vanter. Elle a dit que les essais étaient très difficiles au hockey et qu’on « ne devait pas mentir aux autres pour se vanter d’être bon » à moins d’être prêt à s’engager à les faire.

Dans tout cela, j’ai appris plusieurs leçons. D’abord, je vais y penser deux fois avant de parler. Ensuite, peu importe qui vous êtes, vous pouvez toujours être en forme! Enfin, je sais maintenant que je peux respecter un engagement, même avec mon asthme.

Rendez-vous à Whitby pour la course de l’AIAA!

Info asthme allergies, numéro 1 2007

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