Les faits sur l'anaphylaxie
- L’anaphylaxie est la forme la plus grave de réaction allergique. Elle implique généralement plus d'un système du corps humain et peut être fatale. Un aliment, une piqûre d’insecte, un médicament, le latex et l’exercice physique peuvent la provoquer1. Quand sa cause est inconnue, on parle d’anaphylaxie idiopathique2.
- Les symptômes de l’anaphylaxie varient grandement et peuvent affecter :
- la peau – urticaire, démangeaisons, enflures (lèvres, langue, gorge, visage), rougeurs, éruptions, etc.;
- le système gastro-intestinal – nausée ou vomissements, diarrhée ou crampes abdominales;
- le système respiratoire – toux, respiration sifflante, étouffement, voix altérée, nez qui pique et larmoiement, éternuements, difficulté à avaler ou à respirer, etc.;
- le système cardiovasculaire – couleur pâle ou bleutée, pouls faible, perte de connaissance, étourdissement, vertige, état de choc;
- d’autres systèmes – angoisse, sentiment de détresse, mal de tête.
- Les allergies alimentaires sont en hausse et s’avèrent une question de santé publique de plus en plus importante. On estime à 600 000, soit de 1 à 2 %, la population canadienne à risque d’anaphylaxie par l’allergie aux aliments ou aux insectes. L’incidence des allergies alimentaires chez les enfants est généralement évaluée autour de 2 à 4 %. (Cette incidence serait plus élevée chez les jeunes enfants de moins de trois ans; jusqu’à 6 % d’entre eux pourraient être allergiques aux aliments3,4.)
- La toute première étude sur la prévalence de l’allergie à l’arachide au Canada a révélé que 1,5 % des enfants de 5 à 9 ans dans les écoles montréalaises étaient touchés5. Les résultats préliminaires de la reprise de cette étude à l’heure actuelle montrent que la prévalence aurait augmenté à environ 2 %. Ces travaux s’intéressant exclusivement à l’arachide, on peut penser que l’incidence globale des allergies alimentaires serait un peu plus élevée. Ceci viendrait confirmer la croyance largement répandue que les allergies alimentaires sont à la hausse.
- Au Canada, les neuf principaux allergènes alimentaires sont l’arachide, les noix, le poisson, les mollusques et crustacés, le lait, les oeufs, le blé, le soya et les graines de sésame. Quelques traces ou une infime quantité d’aliment peuvent déclencher une réaction grave1,2.
- Pour la personne allergique, il n’y a qu’un moyen de prévenir l’anaphylaxie : l’abstention absolue de l'aliment6.
- Les personnes qui ont reçu un diagnostic d'anaphylaxie doivent avoir un auto-injecteur d’épinéphrine avec elles en tout temps et porter une pièce d’identité médicale, un bracelet MedicAlert® par exemple7.
- Les personnes à risque devraient s’abstenir de manger quand elles n'ont pas leur auto-injecteur avec elles.7
- Les meilleures mesures de préventions sont :
- L’abstention absolue de l’allergène
- La connaissance des symptômes par le patient et les intervenants
- L’administration rapide de l’épinéphrine, soit dans les 10 minutes6
- Il peut suffire de quelques secondes d’exposition à un allergène pour déclencher une réaction anaphylactique. Habituellement, elle débute peu après l'exposition mais tarde parfois jusqu'à deux heures avant de se manifester2.
- Fait important, l’anaphylaxie peut se déclarer en l’absence d’urticaire ou d’autres symptômes cutanés6.
- Il est impossible de prévoir la progression d'une réaction. C'est pourquoi, chez une personne anaphylactique, tout symptôme doit être pris très au sérieux. N'hésitez pas et n'attendez pas pour utiliser l'auto-injecteur d'épinéphrine car il est plus facile d'enrayer une réaction au début2.
- Une réaction anaphylactique peut progresser et s'aggraver très rapidement. Elle peut être fatale si on n’administre pas de l’épinéphrine immédiatement2.
- Le traitement consiste à administrer de l’épinéphrine immédiatement2. Des décès se produisent quand on tarde à reconnaître la gravité de la réaction et à administrer de l’épinéphrine8.
- Dans le doute, administrez de l’épinéphrine2. Il n’y a pas de contre-indication concernant l’utilisation de l’épinéphrine lors d’une réaction pouvant être fatale6,7.
- L’ignorance des premiers symptômes, le retard dans l’administration de l’épinéphrine9 et un asthme mal contrôlé augmentent les risques de décès2.
- Habituellement, une seule injection d’épinéphrine suffit. Il arrive cependant que les symptômes réapparaissent et que le patient ait besoin d’autres injections (réaction biphasique)7.
- On peut administrer une deuxième dose d’épinéphrine après 10 ou 15 minutes, voire avant, SI les symptômes ne se sont pas atténués7.
- La plupart des victimes de réactions allergiques fatales sont des adolescents et de jeunes adultes10.
- Quatre décès sur six se produisent à l’école d’après l’étude menée par les Drs Hugh Sampson, L. Mendelson et J. P. Rosen sur les réactions anaphylactiques fatales aux aliments chez les enfants et les adolescents. Ces morts seraient liées à l’incapacité de reconnaître les symptômes à temps et à l’administration tardive de l’épinéphrine8.
- La plupart des personnes qui meurent d’anaphylaxie n’ont pas d’épinéphrine avec elles au moment de leur réaction10.
- Les décès dus à l’anaphylaxie et à l’asthme ont diminué sensiblement au Nebraska grâce à la mise en oeuvre d’un plan d’action dans toutes les écoles et à l’accès aux médicaments appropriés11.
Références
- AIAA. Anaphylaxie – Une allergie peut menacer la vie, août 2004
- AIAA. Trousse de référence sur l’anaphylaxie de l’AIAA, mars 2004, p. 9-1, 13, 19, 21
- Sampson, H.A. JACI, vol. 113, no 5 (mai 2004), p. 805-819
- Bock, S.A. Pediatrics, vol. 79 (1987), p. 683-688
- Kagan, R. et coll. JACI, vol. 112 (2003), p. 1223-1228
- Sampson, H.A. Pediatrics, vol. 111 (juin 2003), p. 1601
- SCAIC et coll. L’anaphylaxie à l’école et dans d’autres milieux, 2005, p. 8, 10, 41, 43
- Sampson, H.A. et coll. New England Journal of Medicine, vol. 327, no 6 (1992), p. 380-384
- Sicherer, S.H. et coll. Pediatrics, vol. 119, no 3 (mars 2007), p. 638-646
- Bock, S.A. et coll. JACI, vol. 107 (janvier 2001), p. 191
- Murphy, K.R. et coll, Ann Allergy Asthma Immunol, vol. 96 (mars 2006), p. 398-405
Information supplémentaire
- Trousse de référence sur l’anaphylaxie de l’AIAA, mars 2004
- L’anaphylaxie à l’école et dans d’autres milieux, 2005 - Société canadienne d’allergie et d’immunologie clinique (voir
www.securite-allergie.ca). On peut se procurer ce document, en français et en anglais, auprès de l’AIAA. - Anaphylaxie - Une allergie peut menacer la vie
, août 2004
- L’anaphylaxie : Guide à l’intention des commissions et conseils scolaires, septembre 2001 - Publication de l’Association canadienne des commissions/conseils scolaire. On peut télécharger ce document en cliquant sur Publications dans le site
www.cdnsba.org.
Voir en particulier les p. 2-3 et 15-20.
