Mise à jour 2003 du consensus sur l’asthme chez les adultes
Dans les 15 dernières années, plusieurs séries de directives du consensus canadien sur le diagnostic et le traitement de l’asthme ont été publiées. Elles couvrent le traitement initial de l’asthme, les traitements d’appoint et l’éducation. La mise à jour 2003 de ces directives chez les adultes vient de paraître. Elles ont été préparées par diverses parties prenantes, des médecins spécialistes et des groupes de patients, lors d’une rencontre de deux jours à Montréal (Québec) en juin de la même année. Le groupe « adultes » s’est réuni sous les auspices de la Société canadienne de Thoracologie. Le groupe « enfants » était sous l’égide du Réseau canadien pour le traitement de l’asthme. Les nouvelles directives sur l’asthme chez les enfants devraient paraître sous peu.
Les directives sur l’asthme chez les adultes s’adressent d’abord aux médecins spécialistes et aux omnipraticiens. Notre but est d’en souligner les faits saillants afin que les patients et les membres de leurs familles comprennent en quoi consiste la base d’un traitement approprié. Cela leur permettra non seulement d’évaluer leur traitement mais aussi d’en améliorer l’observance thérapeutique. Nous savons qu’en général l’asthme est mal maîtrisé. Il devient donc crucial que toute personne intéressée, professionnellement ou individuellement, soit bien renseignée sur la plus récente approche préconisée.
Faits saillants sur le traitement médical de l’asthme
La prise de corticosteroïdes inhalés (CI) doit être envisagée tôt dans l’évolution de la maladie, même chez les patients rapportant éprouver des symptômes moins de trois fois par semaine. La raison en est que l’utilisation précoce des CI a été associée à une meilleure maîtrise des symptômes et, surtout, à une diminition significative de 44 % d’une exacerbation grave de l’asthme. N.B. : On entend pas asthme léger, un asthme aux symptômes intermittents maîtrisés par la prise d’un agoniste ß2 à courte durée d’action ou à action rapide au moins deux fois par semaine.
Il n’existe pas de preuves à l’appui d’un traitement d’association chez les personnes ayant un asthme symptômatique léger et n’ayant jamais été traitées aux CI.
Les antagonistes des récepteurs des leucotriènes (ARLT) offrent une solution de rechange aux patients qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas prendre de CI. Toutefois, les ARLT en monothérapie sont moins efficaces que les CI pris à faible dose.
Les doses de CI prescrites pour un asthme léger sont sans danger.
Entre autres recommandations faites également, soulignons l’importance pour les patients de l’éducation sur l’asthme chez les adultes, des plans d’action pour l’autogestion et d’un suivi médical régulier.
Au cours de cette année, la Réseau canadien pour le traitement de l’asthme (RCTA) disséminera la mise à jour des directives dans le milieu médical et dans le grand public partout au Canada. Le RCTA a pour mission de promouvoir le traitement de l’asthme et l’éducation des personnes asthmatiques au Canada dans le but de réduire la mortalité et la morbidité causées par cette maladie.
On trouvera plus de renseignements à ce sujet dans le supplément de mai/juin du Volume II du Canadian Respiratory Journal.
Qu’entend-t-on par « asthme bien maîtrisé » ?
- Symptômes diurnes moins de quatre jours par semaine
- Symptômes nocturnes moins d’une nuit par semaine
- Activité physique normale
- Exacerbations légères, peu fréquentes
- Aucune absence du travail ou de l’école à cause de l’asthme
- Besoin de moins de quatre doses par semaine d’agoniste ß2 à courte durée d’action, sauf pour la dose par jour avant l’effort.
Il y a d’autres tests respiratoires de mesures objectives que chaque personne asthmatique doit passer régulièrement, au moins deux à trois fois par année, au cabinet de son médecin. Une maîtrise acceptable signifie :
- Un volume expiratoire maximal par seconde ou un débit expiratoire de pointe ≥ à la valeur personnelle idéale
- Une variation diurne du débit expiratoire de pointe < 10 % à 15 %
Si votre asthme est mal maîtrisé, consultez votre médecin ! Il existe toute une gamme de traitements. Il vaut la peine de retourner voir votre médecin jusqu’à ce que vous ayez atteint un niveau de maîtrise satisfaisant.
Info asthme allergies, numéro 1 2005
